Mission de l'Eglise

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la mission oeuvre de Dieu       

La mission ad gentes
à l'heure de la mondialisation


Jean-Marie Aubert
directeur national de la Coopération Missionnaire

Une profonde évolution socio-politique marque notre époque. La mission ne s’inscrit plus dans le contexte de la colonisation ou de la néo-colonisation, mais dans celui d’une mondialisation accélérée. Nous sommes dans une période nouvelle de la vie des hommes, et donc de la mission de l’Eglise. Depuis 1989 et la chute du mur de Berlin, la globalisation de l’informatique et du commerce international ont amené un changement qualitatif de la situation dont nous commençons seulement à prendre conscience. Dans une intervention en mai 2000, Robert Schreiter (1) pointait ce changement de contexte. Il nous faut penser la mission à nouveaux frais dans cette situation nouvelle.

 

De nouveaux horizons pour la mission

De nombreux chantiers s’ouvrent à la mission du fait de la mondialisation : les questions qui se posent ne sont plus seulement le développement ou la libération, le dialogue avec les cultures et avec les religions, mais toute une série de nouveaux défis (2).
Il y a la question des nouveaux conflits avec l’internationalisation des groupes économiques qui échappent au contrôle démocratique (les nations deviennent hors-sujet), et de la mondialisation du terrorisme. La fin de la guerre froide laissait espérer une ère de paix, c’est un redoublement des conflits au Moyen-Orient, en Afrique, en Asie qui se fait jour. Pour la mission de l’Eglise, c’est un appel à s’engager pour la paix et la réconciliation de façon renouvelée. Avec en arrière-fond la question toujours ouverte de l’utilisation des religions pour justifier les conflits.
Lorsque les frontières nationales issues du passé s’estompent, en contre-coup, des revendications identitaires se font jour avec intensité. Un nouveau chantier s’ouvre, auquel la réflexion sur le dialogue a servi de préparation, qui tourne autour de l’altérité. L’altérité au plan collectif et la question des identités ouvertes ou au contraire meurtrières. L’altérité au plan individuel et la question du développement de la personnalité ou de la guérison des âmes et des corps.
Dans le dépassement des pouvoirs nationaux et le déplacement des pouvoirs économiques, une troisième force émerge, la société civile avec notamment la constitution de réseaux transnationaux et les activités de lobbying en faveur de l’organisation de la vie internationale, avec deux axes prioritaires : la solidarité avec les pays et les groupes pauvres, et la défense de l’environnement. Sur ces deux points, la réflexion missiologique en reste à des balbutiements (en ce qui concerne l’environnement) ou doit être reprise à nouveaux frais (dans le cas de la lutte contre les causes de la pauvreté). Avec une insistance particulière sur une éthique de la responsabilité, valable aussi bien au plan de la sauvegarde de la création que de la reconstruction de l’Afrique, si l’on prend ce continent en exemple. Deux questions cependant demeurent : quelle est la place des Eglises dans la société civile en émergence ? Y a-t-il une société civile qui se fait jour dans les Eglises ?
D’autres chantiers encore sont ouverts : annoncer l’Evangile dans une société plurielle et métissée, constituer des communautés chrétiennes issues de plusieurs nationalités… nous y reviendrons.

 

Les mots eux-mêmes ont changé

On ne parle plus de « missions » au pluriel mais de « la mission » au singulier. Car c’est toute l’Eglise qui est missionnaire comme l’a rappelé le concile Vatican II : de sa nature, l’Eglise durant son pèlerinage sur la terre est missionnaire, puisqu’elle tire son origine de la mission du Fils et de l’Esprit selon le dessein du Père (décret Ad Gentes, n° 2).
La mission est à la fois unique et plurielle. On peut revenir à la distinction que propose Jean-Paul II dans son encyclique sur la mission du Christ Rédempteur (au n° 33-37) parue en 1990, pour marquer le 25ème anniversaire du décret Ad Gentes de Vatican II. Le Pape décrit trois situations : la situation pastorale pour les communautés chrétiennes bien constituées, la situation de nouvelle évangélisation lorsque des populations évangélisées autrefois ont besoin d’être réveillées dans leur foi, et les situations de mission ad gentes où il s’agit d’annoncer l’Evangile à des peuples, des groupes humains, des contextes socio-culturels dans lesquels le Christ et son Evangile ne son pas connus, ou dans lesquels il n’y a pas de communautés chrétiennes assez mûres pour pouvoir incarner la foi dans leur milieu et l’annoncer à d’autres groupes (n° 33). Plus loin (n° 37), l’encyclique explicite les champs de la mission ad gentes : des territoires, des mondes nouveaux (les grandes cités, les jeunes, les migrants…) et des aires culturelles ou aréopages nouveaux (la communication, les nouveaux conflits…).
Dans la vie des Eglises locales, ces trois situations se trouvent de fait le plus souvent conjuguées, et dynamisées par la mission ad gentes. Jean-Paul II reconnaît qu’en Europe même, par exemple, il y a des aires sociales et culturelles étendues où est rendue nécessaire une véritable mission ad gentes, une véritable première évangélisation (Ecclesia in Europa, n° 46). Nous retrouvons ici l’intuition des abbés Godin et Daniel dans leur livre écrit en 1943 : France, pays de mission ? Aujourd’hui, nous savons que nous pouvons supprimer le point d’interrogation.

Je voudrais illustrer ce propos par deux exemples différents. J’ai été responsable, il y a une dizaine d’années, de la paroisse Saint Vincent de Paul, dans le centre de Paris. Un quartier très marqué par une population juive, les synagogues du 9ème arrondissement ne sont pas loin, et une population musulmane, la paroisse est mitoyenne de la Goutte d’Or. Sans doute la moitié des résidents sur le territoire paroissial appartenaient-ils à l’une de ces deux religions. Et nous avons essayé de nouer des relations avec les responsables religieux des communautés concernées.
La paroisse Saint Vincent de Paul est aussi la paroisse de la Gare du Nord, qui était à ce moment la troisième gare mondiale pour le nombre de voyageurs par jour. Comment rejoindre ce flot de personnes de toutes races et de toute condition, dont beaucoup n’ont jamais entendu parler de Jésus-Christ ? Le Conseil pastoral a voulu établir un pont entre l’église et la gare. Cela n’a pas été facile. Disons seulement que nous avons pu créer, avec l’association « Aux captifs la libération », des équipes pour visiter les sans domicile fixe qui trouvent refuge dans le hall de la Gare du Nord. Une partie du presbytère a été transformée en accueil de jour à leur intention. C’est avec le noyau chrétien de la paroisse (situation pastorale ou de nouvelle évangélisation), soutenus par une association spécialisée dans ce type d’action, que nous avons lancé cette initiative de mission ad gentes en direction de ce monde nouveau de la précarité aux marges de nos sociétés urbaines. Au plein cœur de Paris, activité pastorale et nouvelle évangélisation sont dynamisées par la mission ad gentes.
Un autre exemple, dans un autre continent. J’étais à Bangalore, en Inde du Sud, en septembre dernier. Je participais à une réunion nationale des directeurs diocésains des Œuvres Pontificales Missionnaires qui réfléchissait sur la mission ad gentes dans ce continent indien où le nombre des catholiques n’est pas supérieur à 2,5 %. Les cent vingt prêtres indiens, jeunes pour la plupart, qui étaient présents à cette rencontre ont manifesté leur souci de passer, selon leur expression, d’un « module de maintenance des communautés chrétiennes » (situation pastorale ou même de nouvelle évangélisation dans certains cas), à un « module missionnaire ». Dans un pays où la pression du fondamentalisme hindouiste fait malheureusement régulièrement des victimes, il s’agit de promouvoir une Eglise qui annonce avec toujours plus d’audace l’Evangile à tous, dans le respect de chacun et dans le dialogue.
Dans le cadre de l’Inde, la mission ad gentes se décline selon plusieurs directions : la mission auprès de la population locale dont l’immense majorité ne connaît pas encore le Christ – et chaque diocèse est responsable de la mission évangélisatrice auprès de son propre peuple. Ceci vaut pour tout le sous-continent, même pour l’Inde du Sud où l’Evangile a été annoncé depuis les origines de l’Eglise. Mais aussi la mission auprès des populations du Nord du pays où l’Evangile est arrivé plus tard, avec le grand mouvement missionnaire du XVIe siècle, et où les chrétiens ne constituent souvent que de petites communautés. Et aussi la mission au loin, puisque l’Inde compte quatre instituts missionnaires créés pour l’évangélisation des autres pays ou continents. En Inde aussi, les trois situations de la mission se trouvent conjuguées dans le même espace géographique, et la vie des communautés chrétiennes constituées, en Inde, est tendue vers la mission ad gentes.

 

Les ouvriers de la mission ad gentes ont changé

Le contexte a évolué, une étape de la mission est révolue. Les missionnaires du passé, par leur zèle et souvent le sacrifice de leur vie, ont annoncé dans tous les continents l’Evangile de Jésus-Christ. Ils ont fait naître des communautés chrétiennes et des Eglises locales pratiquement dans tous les pays à de très rares exceptions près (Arabie Saoudite…). C’est maintenant à ces Eglises locales, comme l’a souligné fortement Vatican II, d’être les responsables de la mission dans leur contexte, en coopération avec l’Eglise universelle.
Mais les nouveaux chantiers de la mission ad gentes appellent de nouveaux agents de la mission. Des agents qui sont formés, envoyés pour un temps ou pour leur vie, comme volontaires laïcs ou comme prêtres Fidei donum, ou encore dans le cadre des communautés nouvelles et des congrégations missionnaires, pour soutenir lamission ad gentes des Eglises locales, vers les plus près et les plus loin.

 

L’urgence de la mission ad gentes,
vers les plus près et les plus loin

La mission ad gentes peut se vivre sans « déplacementgéographique », auprès des personnes qui sont proches mais qui ne connaissent pas Jésus-Christ. En France, la pluralité des religions, des cultures et des origines ethniques est au cœur de nos quartiers ou de nos écoles. Certaines paroisses urbaines comportent plus de cinquante nationalités différentes. Comment évangéliser la ville plurielle ? A l’heure où, semble-t-il, la société française se structure en ghettos (3), le vivre-ensemble est un nouveau chantier pour la mission ad gentes. Il faut inventer une nouvelle façon de témoigner de la fraternité en Christ auprès de ces populations venant d’ailleurs qui sont devenues nos prochains.
Mais nous savons qu’il n’y a pas d’annonce possible de l’Evangile sans partager la vie et les préoccupations des personnes auprès desquelles nous voulons témoigner en actes et en paroles. Cela demande de les approcher (de se déplacer), d’apprendre leur langue, de connaître leur culture. La mission ad gentes est toujours un exode et une visitation, elle demande à sortir de chez soi et de ses propres catégories, pour aller à la rencontre de l’autre et découvrir en lui l’Esprit déjà à l’œuvre.
Ou encore, prenons l’exemple des jeunes. Une enquête récente indiquait que, pour la première fois, moins de 50 % des enfants nés en France en 2000 ont été baptisés (4). La fréquentation du catéchisme est aussi en baisse. Une grande partie des jeunes, même d’origine chrétienne, grandit sans contact avec l’Eglise. Ils développent une culture et une langue à eux, qui s’exprime par exemple par l’usage des messages SMS, à laquelle l’Evangile risque de rester largement étranger. Ils constituent un de ces mondes nouveaux qui, selon Jean-Paul II appellent la mission ad gentes. Là encore, proposer l’Evangile à ces générations montantes ne peut se faire en répétant le même, mais en lançant de nouvelles initiatives missionnaires, portées par des équipes préparées pour cette tâche. La mission ad gentes a encore de beaux jours devant elle en France.

 

Faut-il encore partir pour la mission au loin, pour la mission universelle ?

Oui, car l’Eglise catholique est universelle depuis l’origine. Elle a, dans l’histoire, contribué aux différentes étapes de la mondialisation au temps de l’Empire romain, de la découverte du nouveau monde, ou encore de l’aventure coloniale. Aujourd’hui, la mission reste universelle. Les chrétiens ont à témoigner d’une expérience particulière de l’universalité dans l’actuel mouvement de mondialisation. Parce que catholiques, notre vocation est l’universel, un universel qui prend le visage concret de ceux que nous accueillons comme de ceux vers qui nous allons. Là aussi, universel rime avec mondialisation. Pas n’importe quelle mondialisation bien évidemment, mais la mondialisation de la fraternité où tout homme et toute femme venant en ce monde est perçu comme frère ou sœur parce que fils ou fille du même père.
L’Eglise est une communion missionnaire, les évêques ne sont pas ordonnés seulement pour leur diocèse mais aussi pour la mission de l’Eglise universelle (Christus Dominus n° 4-6), les prêtres également sont ordonnés dans l’horizon de l’Eglise universelle (Presbyterorum ordinis n° 10). La vocation baptismale nous convie à l’universel. Dans ce sens, tout chrétien, même protestant ou orthodoxe, se revendique catholique. L’universalité de l’Eglise est alors vécue sous le signe de l’échange et de la réciprocité entre les Eglises locales pour l’annonce de l’Evangile.
Oui, car il y a des demandes qui s’adressent aux laïcs, aux prê­tres et aux religieux-religieuses. La loi sur l’abandon du service national en France aurait dû avoir des répercussions négatives sur le nombre de jeunes laïcs se proposant pour aider des Eglises locales pendant deux ou trois ans dans leurs projets de développement ou d’évangélisation. En fait, les candidats sont aussi nombreux et les propositions de postes également. Actuellement, il y a neuf cent soixante volontaires envoyés par des organismes catholiques, ce qui représente plus de 60 % des volontaires français dans le monde, hors Volontaires du Progrès qui ont un statut à part.
Au plan des prêtres diocésains, les Fidei donum, prêtés pour un temps par l’Eglise de France à d’autres Eglises (Afrique, Amérique latine, Asie et Océanie) sont cent soixante-dix. Ils se renouvellent, même si leur nombre tend à baisser. Il faut indiquer que des prêtres membres de communautés nouvelles (Emmanuel, Béatitudes…) empruntent ce statut Fidei donum pour se mettre au service de la mission universelle. Les évêques d’Afrique, par exemple, demandent souvent des professeurs pour les grands séminaires qui se sont multipliés depuis trente ans dans ce continent. Ou bien, des prêtres ayant déjà une certaine expérience pastorale, pour servir d’aînés dans des diocèses où le clergé diocésain local est encore jeune. En Amérique latine, ce sera plutôt pour aller dans les banlieues des grandes villes animer des paroisses populaires. Les prêtres français, formés dans la lignée des Jean-Marie Vianney ou Antoine Chevrier, sont réputés attentifs à la pastorale et au partage de la vie avec les populations auxquelles ils sont envoyés.
Les membres français des instituts missionnaires ou des congrégations à extension missionnaire sont encore nombreux : mille cinq cent vingt-quatre religieux prêtres ou frères, et deux mille cent vingt-sept religieuses sont en mission dans les autres continents (chiffres d’octobre 2004). Là encore, nous savons le travail réalisé par ces missionnaires français dans les Eglises du monde. Même si le recrutement se fait plus rare dans l’hexagone, beaucoup de ces instituts et congrégations ont accueilli des jeunes originaires des pays dans lesquels ils travaillent. Ces congrégations sont devenues internationales et ont reçu une nouvelle vitalité au service de la mission universelle.
Un chrétien qui n’a pas vécu une expérience ecclésiale dans un autre pays ou continent est, d’une certaine façon, un catholique incomplet. Les jeunes qui sont partis volontaires pour plusieurs années au service d’une autre Eglise, par exemple, ou même les jeunes qui n’ont fait que passer quelques semaines à la découverte d’un pays et d’une Eglise, lorsque le séjour a été bien préparé, bien vécu et bien suivi, savent combien leur personnalité a été marquée par cette rencontre et combien leur foi a été déplacée par cette expérience ecclésiale. La découverte de l’autre est fondatrice de l’ouverture à l’universel et de l’être catholique. Nous ne voulons pas culpabiliser ceux qui n’ont pas eu la chance de vivre cette expérience, mais nous voulons seulement attirer l’attention sur l’intérêt pour chaque séminariste ou chaque prêtre, au moins, de vivre un temps significatif dans un autre pays et une autre Eglise.
Oui, car nous ne sommes pas missionnaires tout seuls. Si nous voulons proposer l’Evangile aujourd’hui dans la société française marquée par la mondialisation, il est essentiel d’interroger les autres Eglises sur la façon dont elles vivent elles-même les défis missionnaires qu’elles rencontrent dans leur contexte.
Nous ne pouvons pas, en France, entrer en dialogue avec les musulmans ou les bouddhistes installés ici sans prendre en compte l’expérience de dialogue inter-religieux de l’Eglise du Maghreb, ou celle d’Inde. L’expérience des autres Eglises nous permet de lancer ici, en France, de nouvelles initiatives dans notre propre contexte. Il ne s’agit pas de copier, le contexte est différent, mais de se laisser interroger par l’expérience missionnaire de ces Eglises d’ailleurs et d’en tenir compte. L’Eglise est une grande famille où l’on met en commun l’expérience de la mission.
Nous savons aussi que l’attention de l’Eglise en France pour les nouvelles pauvretés dans les années 1980 a été fécondée par l’expérience de l’Eglise en Amérique latine tout de suite après Medellin en 1968, qui a pris forme sous l’expression de « l’option préférentielle pour les pauvres ». Les Conseils de la solidarité, au plan national ou diocésain, y plongent leurs racines.
Pour que la vie des autres Eglises résonne dans l’Eglise de France, il est nécessaire que des chrétiens, laïcs, religieux ou prêtres français puissent en faire l’expérience sur le terrain, et constituer des têtes de pont pour le dialogue entre les Eglises. Il est bon aussi que des laïcs, des religieux ou des prêtres venus des autres Eglises locales puissent se mettre pour un temps ou plus définitivement, avec un statut clair et en accord avec leur évêque ou leur congrégation d’origine, au service de communautés chrétiennes en France, pour leur faire part de l’expérience de leur propre Eglise. Mais il faut alors que les communautés de France soient aptes à accueillir et écouter ces témoins des Eglises d’ailleurs. Là, un grand effort est certainement encore à fournir.
Certains, laïcs, prêtres ou religieux-religieuses, sont appelés à partir comme missionnaires ad gentes au service d’une autre Eglise locale dans le monde. Ils savent que c’est un appel particulier qui demande d’être prêt à quitter son chez-soi, aller chez les autres, être dépaysé, avoir à apprendre une ou plusieurs langues, écouter avant de parler, rester toujours un étranger même parmi des frères, pour l’annonce de l’Evangile. La disponibilité de quelques-uns qui sont appelés à la mission ad gentes au loin rappelle à tous les chrétiens que chacun est appelé à la mission ici.

Notes

1 - Robert Schreiter, in Bulletin du Sedos, 2001, p. 270 et ss. [ Retour au Texte ]
 

2 - Voir dans le même sens l’article de Maurice Pivot, « Quelle missiologie aujourd’hui ? », Esprit et Vie n° 88, août 2003, p. 3 et ss. [ Retour au Texte ]
 

3 - Cf. Eric Maurin, Le ghetto français, Seuil, 2004. [ Retour au Texte ]
 

4 - La Croix, 29-31 mai 2004, p. 13. [ Retour au Texte ]

Les grandes étapes de l’évangélisation

L’évangélisation -comme la sainteté à laquelle elle conduit- est un travail de longue haleine : ce travail commence sur soi-même avant de rayonner sur les autres et il est surtout le fruit durable de communautés ecclésiales vivantes, unies et missionnaires, avant de devenir par osmose, l’œuvre de toute l’Eglise au fil des siècles.

L’Eglise du Christ, parce qu’elle est faite d’hommes, a continuellement besoin de se réformer pour être fidèle à sa mission. C’est pourquoi, à chaque époque de renouveau, l’Esprit Saint suscite des maîtres et des témoins qui entraînent l’Eglise sur le chemin d’une « nouvelle évangélisation » ; celle-ci revêt alors des aspects différents selon les époques, les lieux et les cultures. Il s’agit toujours avec les force de l’Esprit Saint, de témoigner et d’annoncer le Christ. Si nous observons les nouveautés de l’Histoire, nous pouvons distinguer dans le flux et le reflux de la montée du christianisme des vagues de plus forte amplitude qui peuvent servir de repères. Pour chaque étape, nous mettrons en relief une figure particulièrement significative.

Une Bonne Nouvelle transmise de personne à personne

A partir de l’Eglise de Jérusalem - issue de la Pentecôte et consciente de sa nouveauté par rapport à la communauté juive où elle est née- la première évangélisation s’est développée dans les pays du Proche-Orient et du pourtour méditerranéen jusqu’en Mésopotamie et en Arménie à l’Est, et aux Iles Britanniques à l’Ouest. Cette époque est marquée par la persécution de la part des autorités juives et du pouvoir romain. Pierre et les apôtres, Philippe et de nombreux chrétiens, Paul après sa conversion, ne ménagent pas leur peine, annonçant à tous la nouvelle extraordinaire et joyeuse de Dieu, venu sur la Terre où il est mort et ressuscité, continuant de vivre au milieu de ses disciples. Cette « bonne nouvelle » attirait beaucoup de personnes qui vivaient l’expérience de la misère et de l’injustice, mais pressentait la grandeur et la bonté du vrai Dieu. C’était, dans le Christ, la découverte du créateur de l’univers, non pas lointain mais proche, parce que fait homme, et la découverte de son dessein sur les hommes, non pas abstrait mais concret et plein d’amour. C’était la révélation de la « folie » de la croix, qui change toute douleur en amour et fait de chaque moment de la vie une étape vers la plénitude du bonheur, en Dieu. C’était la découverte de l’amour réciproque, qui faisait dire aux païens jusque dans l’arène des martyrs : « regardez comme ils s’aiment ». Si l’évangélisation est surtout le fait de pionniers, comme Paul, tous ont conscience de la mission : la vie exemplaire des premiers chrétiens attirait les contemporains de manière capillaire et silencieuse. La « bonne nouvelle » se transmettait de l’un à l’autre par les parents, les amis, les commerçants, les voyageurs... Lorsqu’en 313 l’empereur Constantin libère l’empire de son carcan païen et reconnaît la liberté de conscience et de culte, il fait droit à une situation de fait : les forces vivent de l’empire sont devenues chrétiennes.

L’esprit chrétien pénètre mentalités et institutions

La période qui s’étend du Vème au Xème siècle marque l’écroulement de la « chrétienté antique », de culture gréco-romaine, et la lente formation de la « chrétienté médiévale », de style « féodal » en Europe. A l’époque brillante des Pères de l’Eglise (IVème siècle) succèdent de longs siècles apparemment obscurs (Vème- Xème siècle). Mais cet « hiver », qui suit le temps des fruits mûrs, porte la sève d’un printemps nouveau. Le « Moyen-Âge » (entre « l’Antiquité » et les « Temps modernes ») commence avec les grandes migrations vers le sud des peuples du nord de l’Europe (Vème et VIème siècle) et se prolonge jusqu’à l’éclosion de l’humanisme de la Renaissance (XIVème et XVème siècle). L’esprit chrétien survit à la chute de l’empire romain d’Occident (476) et pénètre peu à peu les mentalités et les institutions nouvelles, s’efforçant de les modeler selon l’idéal évangélique. L’évangélisation et la civilisation des « barbares » - comme on appelait les peuples nordiques qui avaient envahi l’empire- fut surtout l’œuvre des moines et des papes. Deux grandes figurent dominent cette deuxième grande vague d’évangélisation : Benoît (vers 480 -547) e, fondateur des bénédictains, et Grégoire « le Grand » (540-604), pape. Vers l’âge de 20 ans, Benoît, originaire de Nurcie, en Ombrie, quitte Rome où il est étudiant, pour suivre « son désir de plaire à Dieu seul ». Après une alternance de vie solitaire et de vie commune avec des moines, Benoît émigre avec quelques disciples vers le sud. Ils entreprennent l’évangélisation de la région et construisent le monastère du Mont Cassin que Benoît gouvernera jusqu’à sa mort. L’œuvre de Saint Benoît se poursuivra à travers les siècles grâce à la « Règle », le code de vie qu’il avait rédigé pour ses moines dont « Ora et Labora » (prie et travail) est le mot d’ordre. Les abbayes et monastères couvrent bientôt l’Europe et deviennent des oasis de charité et de paix, des modèles et des écoles de vie sociale dans le bouillonnement des peuples du haut Moyen-Âge.

Renouveau spirituel avec Bernard, François, Dominique

Après une période assombrie par les guerres, les épidémies et la famine (fin IXème -début XIème siècle), l’Europe connaît une paix relative : le commerce se développe, des villes se fondent et s’agrandissent. A côté des chevaliers et des paysans, se développe la classe des bourgeois, marchands et artisans des villes et des bourgs. D’autre part, après la rupture malheureuse du « schisme d’Orient », entre l’Eglise de Rome et celle de Constantinople (1504), une troisième grande vague de renouveau spirituel se prépare avec des saints comme Bernard de Clairvaux qui, en 1112, avec 30 compagnons, entre à l’abbaye de Cîteaux. L’exemple des cisterciens entraîne beaucoup de chrétiens dans le mouvement du renouveau : laïcs, clercs, religieux, membres de la curie romaine. Dans la foulée du VIème concile de Latran (1215), la nouvelle évangélisation voit le jour avec « deux colonnes de l’Eglise » : François avec la pauvreté et Dominique avec la science. Face à l’absolutisme des princes et des évêques, souvent plus seigneurs que pasteurs, face à l’âpreté du gain qui provoquait tant de luttes intestines, beaucoup aspirait à une fraternité plus réelle entre les hommes.

L’incrédulité combattue par l’amour et non la force

Fils d’un riche marchand drapier d’Assise, le jeune François (1182-1226) était épris d’idéal chevaleresque, mais Dieu lui fait comprendre qu’il avait mieux à faire que de se mettre au service d’un seigneur de la terre. L’âme en fête, il se met à parcourir le pays vivant d’aumônes et prêchant le pardon et la fraternité selon le cœur de Dieu. A la différence des « vaudois » (pour qui seules comptaient les Ecritures, sans clergé ni sacrements) et des « cathares » ( qui voyaient le Bien et le Mal absolus se faire la guerre dans le champ clos de l’humanité), novateurs hérétiques qui divisaient la chrétienté, François ne pense pas à réformer l’Eglise mais à ressembler au Christ dans la pauvreté parfaite. Les disciples affluent : bourgeois, artisans, chevaliers, paysans, prêtres. Ainsi naît la famille fransiscaine (1210). Le « poverello » lance ses frères sur les chemins du monde pour gagner les âmes au Christ : Italie, France, Espagne, Hongrie, Allemagne, Proche-Orient, Egypte, Maroc... Son influence est immense : il est à l’origine d’un nouveau style de vie chrétienne. Donnant la primauté à l’exemple sur la parole, il a rénové l’esprit missionnaire. L’incrédulité doit être combattue par l’amour et non par la force, en prêchant plutôt qu’en luttant : c’est l’abandon du style des croisades et par avance la condamnation de l’Inquisition. Le renouveau se répand dans le peuple grâce au « Tiers Ordre ». formé de milliers de chrétiens, qui ne pouvant entrer au couvent, se groupent en fraternités laïques liées à l’Ordre, pour vivre sa spiritualité et seconder son apostolat. Franciscains et dominicains ont contribué à intérioriser les convictions religieuses des fidèles. L’instruction, jusqu’ alors réservée aux clercs, a progressé dans le peuple de Dieu et permis à un plus grand nombre de laïcs de s’exprimer, y compris sur les questions de la foi.

Premiers humanistes et Réforme

Affaiblie par le » schisme d’Occident », l’Eglise se trouve confrontée au vaste mouvement de la Renaissance (début XVème -fin XVIème siècle), qui accompagne l’accroissement de la population, le développement du commerce et de la finance et les grandes inventions scientifiques et techniques. Le progrès de l’imprimerie favorise la circulation des idées (1440). L’usage de la boussole renouvelle l’art de la navigation et rend possible des grands voyages d’exploration (Christophe Colomb « découvre » l’Amérique en 1422). En 1543, Nicolas Copernic élabore le système héliocentrique (le soleil et non la terre au centre du mouvement des planètes). Les mentalités changent, l’esprit critique se développe. Le Moyen-Âge était centré sur la religion avec une tendance à l’objectivité ; l’époque nouvelle porte son attention sur l’homme dans la subjectivité. Cependant les premiers « humanistes » sont chrétiens : Erasme, Thomas More, Guillaume Budé... comme les grands artistes : Fra Angelico, Raphaël, Michel Ange, Léonard de Vinci... Dans cette fermentation des esprits qui représente la crise de puberté du monde moderne, les responsables de l’Eglise auraient dû se comporter en éducateurs, mettant leur contemporains devant l’idéal évangélique : transformer en rapport de liberté, la subordination de l’homme médiéval au principe d’autorité, travailler à intérioriser la foi dans le cœur des fidèles, au lieu de l’imposer... Malheureusement, ceux qui gouvernaient l’Eglise à ce moment là étaient plus ou moins impliqués dans la crise qu’ils auraient dû guérir. C’est sans aucun doute les causes profondes de l’effritement de l’unité chrétienne avec Luther (en 1521), Calvin (en 1533) et Henri VIII d’Angleterre (en 1583).

Vers les autres continents

Face aux abus et aux scandales qui s’étaient répandus « de la tête aux membres », l’Eglise connaît enfin une vague de réforme, malheureusement tardive, avec le Concile de Trente (1545-1563) et les saints, qui ont été promoteurs de son actualisation : c’est le 4ème grand mouvement de retour au sérieux de l’Evangile. L’évangélisation fait des progrès en Afrique, en Asie du Sud-Ouest (Philippines) et en Amérique Latine avec des missionnaires issus d’ordre religieux anciens et nouveaux. Charles Borromée (1538-1584) est l’âme de la réforme catholique en Europe : cardinal et secrétaire d’Etat à 21 ans, jeune archevêque de Milan, il réalise en sa personne le modèle du pasteur, proposé par le Concile travaillant à redonner aux prêtres le goût de la prière et de l’apostolat, accomplis « avec amour » : « C’est ainsi que nous aurons la force d’engendrer le Christ en nous et chez les autres ». Il fonde plusieurs séminaires, visite régulièrement les paroisses et jette les bases du célèbre « catéchisme » du Concile de Trente. Parmi les nombreux fondateurs de l’époque, Ignace de Loyola (1491-1556), chevalier espagnol, comprend que Dieu le veut à son service. Il fait retraite au monastère de Monserrat, en Catalogne, donne son épée et son cheval aux moines, son bel habit à un mendiant et, simplement vêtu, se rend à Manrèse, une ville des environs, où il soigne les malades de l’hôpital. C’est là qu’il rédige les « Exercices Spirituels », fruit de sa rencontre avec Dieu. En 1528, à Paris où il étudie, se forme le premier noyau de la « Compagnie de Jésus » (les jésuites), approuvée par le pape en 1540. La compagnie donnera des missionnaires magnifiques tels que François-Xavier (1506-1552), l’apôtre de Goa, du Malacca et du Japon ; beaucoup d’entre eux mourront martyrs.

De l’autodéfense au service de la société

Le temps qui sépare le Concile de Trente (XVIème siècle) et le second Concile du Vatican (XXème siècle) correspond à une période où l’Eglise vit en autodéfense. La contestation s’est d’abord attaquée à la structure hiérarchique et sacramentelle, au nom d’une Eglise spirituelle, s’appuyant presque uniquement sur la Parole de Dieu (la justification par la « foi seule ») : ce fût l’essor du protestantisme sous tous ses aspects (XVIème siècle). La critique s’est ensuite attaquée à la Parole de Dieu, c’est-à-dire à la Révélation au nom de la raison. La foi est mise en doute par la raison : c’est le rationalisme du XVIIIème siècle qui triomphe avec la Révolution française (intronisation de la déesse « raison » dans la cathédrale de Paris en 1793). Enfin on nie l’existence même de Dieu au nom d’une conception matérialiste de l’univers : c’est l’athéisme des XIXème et XXème siècles avec Freud, Marx, Nietzsche... Après la « mort de Dieu », proclamée par les athées, se profile la mort de l’humanité par une apocalypse atomique ! Durant cette période, notre monde a traversé révolutions, guerres civiles et mondiales, génocides, etc... Faces aux besoins immenses de l’humanité, l’Eglise -grâce aux congrégations nouvelles et anciennes- a continué d’éduquer la jeunesse, de secourir les pauvres, de soigner les malades, de prêcher des missions... Si l’Eglise a perdu son influence sur de larges couches sociales, traditionnellement catholiques, la conscience chrétienne s’est affinée et le christianisme a progressé dans le monde (2 milliards de chrétiens dont 1 milliard de catholiques). Les chrétiens « séparés » commencent à se rencontrer et avancent sur le chemin de la réconciliation, grâce au mouvement œcuménique. Avec la page de l’ouverture du monde moderne et de la première encyclique sociale préparée par des Papes clairvoyants comme Léon XIII (1878-1903), l’Eglise catholique connaît un renouveau spirituel et missionnaire avec le Concile de Vatican II (1962-1965) et les « mouvements ecclésiaux », qui représentent un véritable don de Dieu pour la nouvelle évangélisation et pour l’activité missionnaire (Jean-Paul II Redemptoris Missio). L’Eglise a pris une conscience plus claire de sa nature, réalisé sa réforme (plus de collégialité à tous les niveaux) et entrepris une approche plus juste du monde contemporain.

En dialogue avec le monde

Aujourd’hui, malgré la déchristianisation, la sécularisation et le développement des sectes nous commençons par être portés par la « lame de fond » du retour à Dieu dans notre société. C’est la 5ème grande vague d’une « nouvelle évangélisation » qui ne fait que commencer et qui va s’amplifiant, en raison d’une convergence entre le message de l’Eglise et l’attente de l’humanité. Après avoir vécu en autodéfense, l’Eglise n’a plus peur : elle est entrée en dialogue, tous azimuts avec le monde. Les XXIème siècle laisse espérer qu’il sera celui de grandes découvertes spirituelles au service de la paix et de la fraternité universelle. La figure de Jean-Paul II est particulièrement remarquable, lui, qui à l’imitation de l’apôtre Paul, parcourt le monde pour affermir les Eglises dans la foi et les entraîner à travailler avec lui à la régénération de l’humanité, invitant tous ses frères, les hommes, à ouvrir les portes au Rédempteur. Grâce à lui, le Pape n’apparaît plus seulement comme le directeur des catholiques , mais comme le défenseur des droits de Dieu et de chaque personne humaine. Comme Grégoire le Grand -avec l’aide des moines- a sauvé l’Eglise et la civilisation du danger des barbares en travaillant à leur évangélisation, de même face aux idéologies modernes qui ont engendré des politiques tyranniques porteuses de tant de souffrances, Jean-paul II, secondé par le clergé, les mouvements et les communautés nouvelles ou renouvelées dans l’esprit du Concile, reporte l’Eglise à sa mission, tout en mettant la base d’un nouvel humanisme. Ce ne sont pas les idéologies mais la foi, qui transforme le monde de manière durable et bénéfique. Les nouvelles générations, stimulées par les « Journées Mondiales de la Jeunesse » se préparent suivant le voeu de Jean-Paul II à faire des diocèses, paroisses, communautés, mouvements et associations, des « lieux et des écoles de communion » pour le monde.

Michel LEMONNIER (dominicain)

 

Des articles de Wikipédia, l'encyclopédie libre, qui nous aident à comprendre l'histoire l'expansion du christianisme et des missions catholiques. 1. Expansion du christianisme du Ve siècle au XVe siècle qui s'arrête au XVe siècle. 2.      Les Missions Catholiques au XVIe siècle et au XVIIe siècle. 3.Missions catholiques de 1622 à la fin du XVIIIe siècle, ( Missions pontificales, 1ere partie). 4.  Missions catholiques au XIXe et au XXe siècles (Missions pontificales, 2eme partie)


 

Guide des missions catholiques 2005

 Présentation du livre par l'Agence Fides

Le Guide des Missions Catholiques 2005 a été présenté au Saint-Père par le Cardinal Crescenzio Sepe, Préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples. Le Saint-Père a remercié pour l’hommage, et a exprimé en même temps sa vive gratitude à tous ceux qui ont collaboré à la nouvelle édition de l’œuvre.

La dernière édition remontait à 1989. Il était donc nécessaire de la revoir et la mettre à jour. La tâche a été confiée au Père Giancarlo Girardi, S.V.D., Procureur Général des Missionnaires Verbites. Le nouveau Guide des Missions Catholiques est mis à jour au 31 octobre 2004. La préoccupation dans la préparation de la nouvelle édition a été de présenter des nombres et des cartes géographiques mises à jour, qui aident à connaître la réalité des différents pays et des différentes Eglises particulières pour ceux qui consultent ce Guide.

Les nombreuses données qu’il contient montrent la variété des situations ecclésiales des différentes Circonscriptions Ecclésiastiques qui travaillent à l’évangélisation et à la promotion humaine intégrale. D’où l’attention portée aux personnes qui travaillent dans la pastorale, et en premier lieu les Pasteurs des différentes Eglises particulières. ; puis le clergé local autochtone, en nette croissance, les missionnaires, religieux, religieuses et laïcs, qui ont travaillé et continuent à travailler avec engagement et dévouement. Les brèves références historiques, concernant l’évangéllisation dans les différents pays, et les débuts des Eglises particulières, peuvent être d’une grande aide, même si elles sont réduites à l’essentiel, pour mieux comprendre tout l’effort missionnaire de l’Eglise, au long des siècles et jusqu’à ce jour.

Une brève introduction met en relief le rôle et l’activité du Dicastère Missionnaire et des Œuvres Pontificales Missionnaires. La lecture de ce volume permet de déduire des nouveautés relatives au monde de la "Missio ad gentes".

Depuis 1989, il y a eu 134 nouvelles Circonscriptions Ecclésiastiques, et 150 environ ont connu des modifications. Actuellement, la Congrégation pour l’Evangélisation s’occupe de 1.069 circonscriptions ecclésiastiques (près de 30% de toutes les Circonscriptions Ecclésiastiques de l’Eglise Universelle dans le monde) : 180 Archidiocèses Métropolitains, 750 Diocèses, 1 Abbaye territoriale, 72 Vicariats Apostoliques, 45 Préfectures Apostoliques, 4 Administrations Apostoliques, 11 Mission "sui juris", 6 Ordinariats Militaires. Le plus grande nombre de Circompscriptions se trouve en Afrique (477), suivie par l’Asie (453), l’Amérique (80), l’Océanie (45), et l’Europe (14). Les informations statistiques permettent de mettre à jour des aspects quantitatifs significatifs de l’activité exercée par l’Eglise dans les différents pays du monde missionnaire. Sur une population de 2 milliards 850 millions, les catholiques sont au nombre de 200 millions, (7,02%) : répartis comme suit par continents : 20,23 en Afrique, 56,88 en Amérique, 1,8 en Asie, 10,8 en Europe, 25,9 en Océanie.

Au service de la "Mission ad gentes", travaillent environ 85.000 prêtres : 52.000 sont diocésains, 33.000 religieux. Répartition par territoire : 27.000 en Afrique, 44.000 en Asie, 6.000 en Amérique, 5.000 en Océanie, 3.000 en Europe. Leur activité missionnaire est aidée par : 28.000 religieux non prêtres, 45.000 religieuses, 1.650.000 catéchistes. La Congrégation assure, dans les différents territoires la formation spirituelle et académique de 280 grands séminaires interdiocésains, et de 110 petits séminaires, et leur assure un subside économique.

La Congrégation a soutenu aussi la construction de nombreuses églises/chapelles (surtout pour les petites communautés répandues dans les régions rurales ; il faut y ajouter les activités d’éducation (42.000 écoles), sanitaires (1.600 hôpitaux, plus de 6.000 dispensaires, 780 léproseries, et des activités créatives et sociales (12.000 initiatives).

Le Cardinal Crescenzio Sepe, dans la présentation du nouveau Guide a écrit : « Je souhaite que ce volume puisse servir d’encouragement à tous pour renouveler leur propre engagement missionnaire et pour collaborer toujours plus étroitement avec la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples afin qu’elle soit toujours fidèle à son mandat : annoncer le Christ à toutes les nations. En regardant le chemin, fait et présenté dans cette nouvelle édition du Guide, nous pouvons voir les effets de l’évangélisation qui ont été vraiment importants et prodigieux. Le chemin de l’évangélisation est constellé de champions de la foi et de la charité, qui ont écrit et qui écrivent par leur dévouement à la Mission, l’histoire de l’Eglise. Nous avons choisi de publier cette nouvelle édition, dans l’imminence de la solennité de l’Epiphanie du Seigneur qui, pour notre Dicastère, est vécue depuis toujours comme la fête de la Mission. Le chemin que l’Eglise a parcouru est long. Et long aussi ! sera celui à parcourir. Parcourons-le ensemble soutenus par la foi, par l’espérance et par la charité. C’est seulement ainsi que nous serons témoins du Ressuscité et de la nouveauté de l’Evangile."

Rome, 31 janvier 2005 (Agence Fides)