No comment !
Par
Willy Kabwe
Y a-t-il assez de
Congolais pour développer le
Congo-qui-se-veut-démocratique
? Moi je dis oui, mon voisin
de gauche répond non. La
polémique est lancée. Le
premier, j’argumente qu’avec
60 ou 65 millions d’âmes, il
y a assez de têtes et de
bras dans ce Congo aux
richesses scandaleuses pour
construire ce qui n’existe
pas et reconstruire ce qui a
été détruit. Tout le monde
peut mettre la main à la
pâte et le décollage ne sera
qu’une question de volonté.
Prompt à la réplique, mon
vis-à-vis m’interrompt tout
de suite et me balance à la
figure : « Comment
sont-elles vos nombreuses
têtes : bien pleines ou bien
faites ? Les multiples bras
sont-ils assez valides pour
que les mains dont ils sont
pourvus puissent être utiles
ou utilisables ? ». J’encaisse
le coup. Mais, je me
ressaisis aussitôt et
contre-attaque. Je lui
reproche son manque de
patriotisme et de
nationalisme. Je le traite
de déraciné, d’acculturé et
de fan d’idées farfelues.
Ai-je fait mouche ? Loin
de là. Mon voisin de gauche
se montre coriace : « Le
Congolais ne se connaît pas
soi-même et il connaît mal
son histoire, soit-elle
précoloniale, coloniale,
récente ou actuelle ». Qu’est-ce
à dire, je lui demande. Il
rétorque que ces sont des
termes creux en ce 21ème
siècle qui réduit le monde
aux dimensions du village.
Selon lui, les notions de
patriotisme et de
nationalisme sont des
slogans à la solde des
démagogues-chercheurs-d’emplois
qui s’improvisent
propagandistes à tous crins.
Qu’est-ce qu’il a la
répartie facile ! Une vraie
tête de mule, mon gars. Il
ne se laisse pas conter.
Toutefois, je lui rappelle
que ma question reste posée.
Il fait la moue. Et puis, il
me regarde droit les yeux
avant de lâcher : « Regarde
autour de toi. Fais le tour
de ton Congo chéri, si tu
peux. Au besoin, lis la
presse, écoute la radio et
rince-toi les yeux devant le
petit écran. Et après, donne
–moi une bonne raison d’espérer
sur l’état de santé du pays
! ». Je me dis : où veut-il
en venir ? Bagarreur
impénitent ? Je le crains.
La réponse a retenti
comme un angélus : « Si les
65 millions des Congolais
avaient pris l’élan du
développement, le premier d’entre
eux ne se serait pas plaint
du vide autour de lui. Voilà
qu’il cherche encore les
oiseaux rares pour la
concrétisation des 5
chantiers de la République.
Lisez son dernier message
pour comprendre que tous les
secteurs de la vie nationale
sont malades. Corruption,
impunité, indiscipline
budgétaire, trafic d’influence,
et comble de tout, la
justice se révèle grabataire
». No comment.